Réunion de la 5e Table Tactique

, par Frédéric Targe

Imprimer

Date :
Lieu : ARS Guyane
Heure de début :

Présents : 14

ARS : Mme Johanna ANTOINETTE, Chargée de Mission
CGSS : Mme Evelyne BLEZES, Responsable Service Social
CCAS MATOURY : Mme Brigitte COUCHY, Directrice
APA CONSEIL GENERAL : Dr Claude ROSNEL, Médecin Evaluateur
EHPAD LAMA : Dr Sabine BRIOLANT, Médecin coordonnateur
HAD GUYANE : Dr Laurent DEJAULT, Médecin coordinateur Général
Consultation Mémoire / HAD SAINT PAUL : Dr Chantal EDWIGE, Médecin Gériatre Coordonnatrice
MAIA : M. Frédéric TARGE, Pilote MAIA ; Mme Florisse CREANTOR, Gestionnaire de cas complexes ; Mme Audrey VALTRINE, Gestionnaire de cas complexes
MDPH : Mme Aurélie ROSANNE, Assistante sociale
Réseau Gérontologie de Guyane : Mme Marie-Louise NOUVELLET, Coordinatrice
URPS INFIRMIERES : Mme Mylène MATHIEU, Présidente
URPS MEDECINS : Dr Alain BOUIX, Président

Excusés : 5

ASGUAL : Mme Annick THOMAS – Trésorière
CENTRE MEDICO-SOCIAL EBENE : M. Jean-Pierre IMFELD – Directeur
CMCK P. Boursiquot : Mme Laure-Elia CURT – Attachée de Direction
EHPAD EBENE : M. Eric DONATIEN – Directeur
MGEN : M. Marc HO YORCK KRUI – Directeur

Absents : 11

A.T.G. : Mr Damien TONY – Directeur
SAAD ADAPEI : Mme Déborah VINCENT – Responsable
CERPAG : Mme Maurice BERTRAND – Présidente
CIASS : Mme Francisca LEVEILLE – Responsable des Services
CLINIQUE VERONIQUE : M. Jean-Michel PILA – Directeur
C.H. Andrée Rosemon : M. Pierre PAUCHARD – Directeur ; Dr Michel DESVILLES – Chef du Service psychiatrie
EHPAD SAINT- PAUL : Mme Nathalie ELI – Directrice
MNT : Mme Caroline CLE – Directrice
SAMU SOCIAL : Mme Tanya TARCY – Directrice
TRIBUNAL D’INSTANCE : Mme Françoise JOUBERT – Juge des Tutelles

Suivi de décisions

La première partie de l’ordre du jour est consacré au suivi de décision. En effet, au terme de la quatrième Table Tactique, détaille M. TARGE, et au vu du manque de participation des partenaires du champ social en table de concertation, a été décidé par l’ensemble des partenaires présents de ralentir le travail de la constitution du guichet intégré. Il a également été demandé au pilote de contacter les partenaires des secteurs sociaux qui n’avaient pas encore répondu. Depuis la dernière table nous notons :

• Le CCAS de Cayenne, en place depuis deux mois, a été contacté ;
• Un rendez-vous avec le CCAS de Rémire-Montjoly est en attente ;
• Un rendez-vous avec le service social de la Mairie de Macouria a été fixé début Juin ;
• Un rendez-vous avec le référent des assistantes sociales du Conseil Général est également en attente, Mme LOUBET (DGASP) ayant donné son accord verbal.

En revanche, poursuit-il, aucunes nouvelles concernant le CIASS des Savanes : donc, géographiquement, Kourou, Sinnamary et Iracoubo n’offrent malheureusement aucun interlocuteur pour le dispositif. Un contact avec Mme BLEZES du service social de la sécurité sociale a été effectué, mais pas de nouvelles du service social de l’Hôpital de Cayenne, certainement débordé au vu de l’actualité. En définitive, au niveau social commence à se créer un partenariat et il sera prochainement possible de commencer à travailler sur les portes d’entrée du guichet intégré.

Mme COUCHY demande si la Mairie de Montsinéry-Tonnegrande qui a créé son CCAS, a été jointe ?
Cette mise en relation se fera après la rencontre du service social de Macouria, répond M. TARGE.

Toujours à l’issu de la dernière table de concertation tactique, a été décidée la mise en place du service de gestion de cas complexes avant celle du guichet intégré, ce qui constitue, rappelle M. TARGE une modification de la feuille de route du déploiement du dispositif (au niveau national est demandé la mise en place du guichet intégré avant celle de la gestion de cas). Cette décision continue-t-il, pourra néanmoins être justifiée en tutelle s’agissant d’une décision prise en Table Tactique pour s’adapter aux spécificités du territoire.

Ensuite, Mr TARGE rappelle la constitution du groupe de travail du Mardi 23 Avril 2013 pour la réalisation des outils de travail de la MAIA, à savoir : le Dr DEJAULT, Médecin Coordonnateur Général de l’HAD Guyane ; M. IMFELD, Directeur du CMS ; Mme NOUVELLET, coordinatrice du réseau de gérontologie Alzheimer le Dr ROSNEL, Médecin Coordonnateur du Service APA ; M. TARGE, Pilote MAIA Guyane. Ces outils sont toujours susceptibles d’être modifiés par l’assemblée présente.

Ordre du jour

  1. Suivi de décision
  2. Signature de la Charte MAIA Guyane validée par la Table Stratégique.
  3. Présentation des outils élaborés par le groupe de travail sur la gestion de cas complexes.
  4. Présentation du projet du site Internet de la MAIA Guyane.

Délibérations

En ouverture de séance, après avoir rappelé que la signature de la charte incombait aux responsables de chaque structure, M. TARGE rappelle l’ordre du jour, annonce la présence des deux gestionnaires de cas complexe, et l’intervention de Mme NOUVELLET du Réseau de Gérontologie Alzheimer qui a demandé un temps de parole à l’issue de la réunion.

  • Signature de la Charte MAIA Guyane validée par la Table Stratégique.

Afin de faciliter la signature de la Charte MAIA Guyane, M. TARGE a préparé deux exemplaires de la dernière partie préalablement signée par le Pilote, qu’il se propose de leur transmettre, en fin de réunion, puisque chaque partenaire possède un exemplaire complet de la Charte validée par la Table Stratégique envoyée par mail. Il est important de bien préciser auprès des directeurs et responsables de structures que la présence au sein de la Table Tactique est légitimée par un représentant de structure possédant un pouvoir décisionnel, par extension, un président ou un directeur signataire peut ajouter un ou deux noms de personne dûment mandatés qui auront en Tactique un pouvoir décisionnaire. M. TARGE précise qu’il est très important que chaque partenaire fasse ce travail d’explication auprès des directeurs, la concertation étant un outil visant à accélérer les processus de décisions.

Par rapport à cette prise de décisions, Mme COUCHY, Directrice du CCAS souhaite des précisions, puisque en fonction de la demande, les Mairies s’organisent par le biais de Conseils d’Administration et décision du Président. C’est un peu la situation du Conseil Général, intervient le Dr ROSNEL, qui explique pouvoir prendre certaines décisions dans le cadre de ses compétences, et d’autres seront déterminées par la Table Stratégique.
En espérant que le CCAS fasse partie du guichet intégré en tant que porte d’entrée et accueil du public, explicite M. TARGE, les décisions tactiques portent sur les actions de terrain pouvant être réajustées le plus rapidement possible afin d’être dynamique, réactif et le plus proche possible de la demande de la population et de ses besoins.

  • Présentation des outils élaborés par le groupe de travail sur la gestion de cas complexes.

Présentation du 1er Document : « CRITERES D’ENTREE EN GESTION DE CAS »

Dans un souci de simplification et d’adéquation au niveau local, trois critères obligatoires ont été déterminés. Suite à la remarque effectuée par mail par le Dr BRIOLANT, il ressort qu’une confusion subsiste toujours entre d’une part ce qu’est la MAIA et d’autre part ce qu’est la gestion de cas complexes.
La gestion de cas complexes est un service faisant parti du dispositif MAIA dont les critères d’inclusion concernent le public cible du dispositif MAIA : c’est-à-dire maladie d’Alzheimer et maladie apparentée de –60 ans, et toutes les personnes de +60 ans présentant des pertes d’autonomie fonctionnelle ; cela touche tout le public âgé en fragilité de +60 ans qui pourrait être considéré en perte d’autonomie, donc des publics non-Alzheimer ou des publics dont les troubles cognitifs n’entrent pas dans le tableau principal (Critère ①) peuvent être concernés par le dispositif MAIA. Et ajoute le Dr ROSNEL que le dispositif MAIA va évoluer et mettra l’accent sur la perte d’autonomie fonctionnelle dans son ensemble.
Pour le Dr BRIOLANT, il s’avère compliqué en gérontologie d’expliquer à un malade non-Alzheimer la raison de son entrée dans un système lié à la maladie d’Alzheimer. Pour ce faire explique M. TARGE la communication sur le terme Alzheimer se fera de moins en moins.
Aussi, pour plus de clarté, M. TARGE propose que sur la fiche présentée soit spécifiée quelle est la population cible du dispositif MAIA, ce qui n’empêche pas d’avoir en situation complexe des personnes dont les troubles cognitifs ne représentent pas le devant du tableau clinique.
Puis suite à une interrogation de Mme NOUVELLET à propos du critère ③ portant sur les termes « défaut d’entourage » et « défaut d’efficacité » jugés potentiellement préjudiciables pour les aidants la Table Tactique décide de modifier par « difficulté d’accompagnement » et « aidant en grande difficulté ».
Mme MATHIEU souhaite savoir si dans le cas où une personne comptabilise deux critères sur trois, est-ce que cela empêche son entrée en gestion de cas. M. TARGE précise que la personne n’entre pas en service de gestion de cas complexes, mais intègre bien le dispositif MAIA, puisque la fiche présentée énumère les critères d’inclusion à la gestion de cas complexes. Un autre service avec d’autres compétences accompagnera les personnes qui ne totalisent pas l’ensemble des critères : dans le panel des partenaires MAIA sera sélectionné le partenaire qui accueillera ce type de personne.

Présentation du 2è document : « FICHE D’ORIENTATION »

Le Dr BOUIX, pour plus de clarté, propose d’indiquer le terme « complexes » chaque fois qu’il est question de la gestion de cas puisque visiblement ce terme fait la différence.
M. TARGE reprend qu’une fois que la fiche sera validée par l’ensemble des partenaires, elle sera utilisable par chacun d’entre eux qui auront en même temps les critères d’inclusion à la gestion de cas et qui pourront solliciter le service de gestion de cas sur une situation qu’ils qualifient de complexes.
Mme COUCHY demande une explication de la rubrique « service social (précisez) » : M. TARGE détaille qu’il peut s’agir du service social des assistantes sociales de secteur, des CCAS, de l’hôpital, ….
A propos de ce document, le Dr ROSNEL souhaite savoir qui va orienter vers les gestionnaires de cas puisque certains champs du document requièrent la participation d’un médecin. Si le diagnostic a déjà été posé, la famille le sait, répond M. TARGE ; ce n’est pas n’importe quelle personne qui peut poser des questions sur la maladie d’un patient ajoute le Dr ROSNEL ; pour cette raison il est important de connaître qui va orienter pour pouvoir demander des informations médicales. Normalement, à ce niveau-là, dit M. TARGE, le personnel capable d’évaluer et donc de proposer cette orientation peut-être le médecin traitant, les infirmières libérales, les professionnels intervenant à domicile, des assistantes sociales ; entre partenaires sera décidé quel type de personnel sera à même de réaliser cette évaluation. Mme NOUVELLET intervient en disant qu’il est prévu de le déterminer lors du travail sur le guichet intégré. C’est entre autre pour cette raison que le guichet est normalement mis en place avant le service de gestion de cas complexes, rajoute M. TARGE. Nous avions déjà parlé de différents niveaux d’accueil et d’évaluation : ce niveau-là serait un deuxième niveau d’accueil avec un personnel un peu plus « qualifié » et donc capable de faire cette orientation précise. Au moment de l’orientation, explique le Dr ROSNEL, le patient aura déjà fait une évaluation puisqu’il aura été soumis aux trois critères obligatoires.
Les professionnels de ce deuxième niveau seraient plus des infirmières à domicile, des médecins traitants, des assistantes sociales, à savoir, déjà proches de la situation et ayant pu obtenir certaines informations… Ce document d’orientation, précise M. TARGE, ne sera pas utilisé par le « premier niveau d’accueil » du guichet intégré.

Présentation du 3e document : « FICHE DE CONSENTEMENT A LA GESTION DE CAS COMPLEXES »

Mme MATHIEU souhaite savoir si cette fiche concerne le patient uniquement, et dans quelles mesures. M. TARGE répond que si la personne possède toujours son consentement éclairé alors elle a la capacité d’engager sa signature et son consentement. Dans certaines situations plus complexes, la famille proche ou le représentant légal seront sollicités pour remplir le document.
Le Dr ROSNEL émet la remarque que nulle mention de la famille proche n’est faite dans le document présenté qui ne fait état que du représentant légal.
Le représentant légal implique une notion juridique, intervient Mme MATHIEU, ce qui n’est pas le cas d’un membre de la famille proche, et continue le Dr ROSNEL, toutes les personnes ne sont pas sous tutelles. En ce qui concerne le consentement sont habilités à signer le patient ou son tuteur rappelle le Dr BOUIX, certains contextes renchérit M. TARGE, font émerger ces situations.
Les gestionnaires de cas complexes, commente le Dr ROSNEL, seront amenées à rencontrer des patients qui vont refuser de signer, avec des troubles cognitifs importants, sans famille, sans tutelle, et tant que le document ne sera pas signé les gestionnaires de cas complexes ne pourront pas intervenir. Pour cela, invoque M. TARGE, leur sera demandé de chercher ce consentement, sans pour autant se réfugier derrière l’absence de signature pour ne pas intervenir. Dans ce cas, rétorque Mme MATHIEU, il serait judicieux de trouver un palliatif lorsqu’une telle situation se présente pour que les gestionnaires de cas puissent agir.
Les gestionnaires de cas sont en relation avec le médecin traitant explique M. TARGE. Mme MATHIEU propose que les médecins traitants puissent émettre une attestation ou un certificat…Pour le Dr BOUIX, en l’état, la fiche est correcte et il soumet néanmoins l’idée de rajouter que même si le consentement n’est pas acté, la procédure de cas complexes peut débuter.

En fait, intervient le Dr ROSNEL, le gestionnaire de cas est toujours en contact avec le patient et essaie de travailler avec lui. En revanche, en absence de consentement il ne pourra pas faire une évaluation multidimensionnelle, ni prendre contact avec l’hôpital, ni avec le médecin traitant.
Mais, objecte le Dr BRIOLANT, certaines fois les gestionnaires de cas ne pourront pas trouver de solutions, dans les cas où les patients arrivent sans diagnostiques par exemple. Le gestionnaire de cas intervient dans les situations très complexes, et peut intervenir dans toutes les situations signalées à la justice, explique le Dr ROSNEL, car la présence d’un tuteur ne règle pas forcément tous les problèmes. La procédure du signalement peut parfois prendre plus d’un an. Malheureusement, si ce document n’est pas rempli, le champ d’intervention du gestionnaire de cas s’en trouvera limité. Le Dr BOUIX suggère d’annoter en bas du document que la fiche même non-signée, n’empêche pas le gestionnaire de cas complexes de continuer à rechercher le consentement, pour ce faire il suggère de modifier la fin du document « fait le » et d’ajouter « proposé le ».

Présentation du 4e document : « DESIGNATION PERSONNE DE CONFIANCE »
Le médecin traitant ne peut être désigné comme personne de confiance, en cas de legs ou don ce qui serait répréhensible selon la loi.

Présentation du 5e document : « SORTIE DU SERVICE GESTION DE CAS COMPLEXES »
Pour Mme NOUVELLET et Mme MATHIEU il serait intéressant que le gestionnaire de cas puisse connaître le motif de la sortie du dispositif du patient afin de récolter des données et pallier au dysfonctionnement.

Présentation du 6e document : « FICHE DE PARTENARIAT A LA GESTION DE CAS COMPLEXES »
Les professionnels participant à cette équipe pluridisciplinaire virtuelle sont interchangeables au besoin explique M. TARGE, l’intérêt est qu’il y ait une coordination autour du malade et de la famille, et de la même manière que le consentement est recherché chez le malade et la famille, poursuit-il, le consentement est également recherché chez les professionnels. Mais objecte, le Dr ROSNEL, cela pourrait poser problème chez les médecins traitants car la coordination prend du temps.
Ces situations complexes mettent en exergue le fait que les coordinations ne fonctionnent pas ou plus, et justement pour cette raison, explique M. TARGE, le médecin traitant aura un interlocuteur privilégié en la personne du gestionnaire de cas sensé leur faciliter le travail.

Dans certaines situations, intervient Mme CREANTOR gestionnaire de cas et assistante sociale de formation, il ne sera pas nécessaire de réunir tous les professionnels.

Pour sa part, Mme VALTRINE, gestionnaire de cas et infirmière de formation, constate que malgré l’engagement des professionnels, parfois la prise en charge n’est pas toujours en conformité avec les souhaits du patient et propose par exemple avec le concours des infirmières, la mise en place d’une continuité de soins en corrélation avec les désirs du patient.

Mme MATHIEU répond que, l’infirmière est obligée de faire son emploi du temps en fonction de la demande, sinon cela entame la liberté du patient, donc normalement cet aménagement est déjà entrepris.

Bien entendu, continue Mme VALTRINE, le but de la mise en place d’un plan de services individualisés pour le patient plus en conformité avec ses désidératas, est d’améliorer à sa convenance son maintien à son domicile ; projet qui se fera avec l’accord des professionnels déjà en place, mais également avec la possibilité de faire appel à d’autres professionnels le cas échéant. Et que leur volonté, ajoute Mme VALTRINE, sera d’assurer au maximum le suivi avec les médecins traitants qui manquent de disponibilité, en se rendant par exemple dans leur cabinet.

A ce sujet Mme COUCHY souhaite savoir si, à l’heure actuelle, les médecins traitants sont informés, sensibilisés et quelles sont leurs réactions vis-à-vis des gestionnaires de cas.

Mme CREANTOR répond que, ne les ayant pas encore contacté, elles le constateront sur le terrain, et M. TARGE de surenchérir, qu’au moment de traiter les premières situations, elles iront systématiquement chercher leur avis.

En revanche, continue Mme CREANTOR, il serait plus intéressant que les médecins et les autres professionnels connaissent leur existence avant de débuter la gestion des premiers cas.

Mme COUCHY réagit en expliquant que les professionnels sur le terrain, comme les acteurs sociaux par exemple, sont déjà souvent dans des plans d’actions partagés puisque plusieurs services sociaux interviennent, par exemple la CGSS et le CCAS sur une situation, des habitudes de construction de plan existent déjà, avec à contrario le positionnement du médecin qui se révèle assez particulier.

L’intérêt du dispositif MAIA et du service de gestion de cas qui fait partie de la MAIA, explique M. TARGE, est multidimensionnel : les gestionnaires travaillent sur le social, le sanitaire et le médico-social et vont coordonner ces trois axes-là. Si l’axe social est déjà coordonné par un professionnel sur une situation, les gestionnaires ne vont pas le refaire à sa place mais vont l’intégrer et mettre l’accent si besoin sur les autres axes : sanitaire et médico-social.
Pour Mme COUCHY, l’interrogation portait plutôt sur l’implication des médecins traitants dans le dispositif de la gestion de cas et l’impact que cela engendrerait sur leurs habitudes de travail, puisque c’est déjà l’usage pour le CCAS.

Pour Dr ROSNEL, le plus important est de ne pas oublier qu’il s’agit pour les gestionnaires de cas d’intervenir pour gérer des situations qui seront très complexes. Elle donne pour exemple le cas d’une personne alitée, Alzheimer, sans famille, avec un enfant handicapé à charge, sans ressources financières, séropositif, qui consultait son médecin traitant qu’une fois tous les six mois, sans tutelle (etc…), et qui faute d’une prise en charge adéquate est décédée. Et Poursuit-elle, le travail du gestionnaire de cas est de faire le lien avec la justice, les médecins, le logement, prendre les rendez-vous, faire le suivi à l’hôpital, le retour à domicile… Cela permettra aux médecins traitants d’avoir les retours d’hospitalisation, informations dont ils ne disposent pas toujours actuellement.

M. TARGE espère que certains partenaires sur le terrain pourront comprendre l’utilité des gestionnaires de cas et intégrer dans un deuxième temps dans le dispositif. Par ailleurs, pour M. TARGE la pratique n’est pas la même partout : le territoire MAIA Guyane diffère d’un département Paris XXe, par exemple, le dispositif est national mais s’adapte sur l’existant de chaque territoire. En allant sur le terrain, les gestionnaires s’accommoderont de l’existant ; et pour en revenir aux médecins traitant, quant à l’accueil fait à la présence des gestionnaires de cas, il estime qu’il se mesurera lorsque les médecins seront interpellés sur des cas concrets.

Ayant connaissance du degré d’implication des médecins traitant dans les institutions civiles, en l’hospitalisation à domicile, le Dr DEJAULT attend de voir leur engagement dans le dispositif MAIA, à partir d’un constat factuel, sans préjuger de leurs obligations, de leurs emplois du temps. Pour exemple, rétrospectivement conclue-t-il, l’implication des médecins traitant en HAD est proche de zéro.

De toutes façons, intervient le Dr ROSNEL, si l’accès aux soins d’un usager est facilité grâce aux gestionnaires de cas, ce sera déjà une avancée. Le travail attendu, poursuit le Dr ROSNEL, est que le gestionnaire de cas fasse du lien avec les autres structures sanitaires en utilisant l’existant et monte le dossier du patient…

Mme MATHIEU souhaite savoir qui détecte et signale les cas complexes. Est-ce que les personnes devront se présenter à l’accueil ? M. TARGE répond que lorsque le guichet intégré sera mis en place, il y aura deux niveaux d’accueil : un premier niveau pour informer et proposer des orientations simples, puis un deuxième niveau pour des demandes plus élaborées. Ce deuxième niveau d’accueil au sein du guichet intégré, sera réalisé par des professionnels ayant des capacités et compétences pouvant répondre à ce type de situations : des assistantes sociales, des infirmières intervenant déjà sur la situation à domicile, des médecins traitants… La détection d’un cas complexe pourra également se faire par un professionnel exerçant déjà au domicile et qui se rend compte que la situation lui échappe, ou qu’il ne peut plus répondre aux différents besoins.

Pour le Dr ROSNEL l’intérêt de faire partie du dispositif MAIA, est la réflexion commune : les outils utiles à la gestion de cas ont été travaillés ensemble, donc l’orientation en gestion de cas peut déjà être effective par les partenaires ayant intégré la MAIA, tous les signataires de la charte pourront utiliser ce document.

Mme MATHIEU demande quand le grand public devra être informé de l’existence de la MAIA ? Est-ce qu’une information à plus grande échelle est prévue ?
M. TARGE annonce que lorsque le guichet intégré sera mis en place avec les partenaires du champ social, comme les CCAS et les services sociaux, ceux-ci pourront communiquer en accolant le logo de la MAIA au leur par exemple.
Rien n’empêchera une communication grand public sur l’ensemble du territoire, intervient Mme COUCHY, M. TARGE agrée et précise qu’une présentation de tous les partenaires se fera à ce moment.

Puisque le guichet intégré n’est pas encore mis en place, Mme ROSANNE souhaite savoir comment seront orientés les premiers cas ? M. TARGE précise que suite au petit groupe de partenaires Tactiques qui a collaboré à l’élaboration des outils au mois de Juin, une dizaine de situations peuvent être envisagées pour débuter.
Mme MATHIEU souhaite connaître le nombre de personnes affectées au service de gestion de cas
M. TARGE répond qu’au total trois personnes composent le service de gestion de cas à savoir deux gestionnaires de cas et le Pilote (lui-même) sur l’ensemble du territoire de la MAIA (Cayenne – Ile de Cayenne – les 3 Savanes – Montsinéry Tonnegrande). C’est aussi pour cette raison que les critères d’inclusion sont très précis.
En effet, explique le Dr ROSNEL, au niveau des dossiers APA, force est de constater que le nombre de cas complexes n’est pas élevé.

  • Présentation du projet du site Internet de la MAIA Guyane.

Le Dr BOUIX craint que la réalisation d’un site Internet s’apparente un peu à un effet de mode, il a l’impression qu’au vu de l’afflux d’informations dont sont inondés les médecins libéraux ils n’iront pas consulter le site de la MAIA pour obtenir les informations, par contre ils seront, à son sens, très content de recevoir un appel du gestionnaire de cas et être tenus au courant des suivis. Les médecins actuellement ne sont pas au courant de leur existence, continue-t-il, puisque le dispositif n’est pas encore efficient.
Faisant suite à la remarque du Dr DEJAULT de la prudence à observer à propos du référencement du sigle de la MAIA et obtenir une explication claire sur sa signification, M. TARGE répond que l’objectif à terme est d’obtenir que « MAIA » devienne un mot, ce qui facilitera la recherche d’information sur la MAIA. Afin de contrôler la conformité de ce référencement et réajuster le cas échéant, plusieurs allers retours se feront entre le moment de la construction et la première mise en page publique du site.

En revanche, au regard du développement des sites du ROR, le Dr ROSNEL fait part de son inquiétude concernant l’intérêt du site MAIA.

M. TARGE répond que l’intérêt est en termes d’accès grand public où transiteront des informations et des données qui concernent la Guyane, des liens seront créés avec les sites et généreront ainsi une facilité pour rechercher les informations. Chaque partenaire aura une fiche ou ses informations seront présentées en ligne sur le site. Ensuite, poursuit-il, est prévu un accès privé réservé aux partenaires qui mettront à jour ces données cela permettra de construire et d’actualiser automatiquement le référentiel d’intervention. L’accès à tous les outils MAIA, et d’autres possibilités sont à l’étude avec le webmaster : en fonction de l’intérêt des partenaires, créer un forum privé, ou encore la possibilité de créer des articles à mettre en ligne, la finalité étant de savoir comment faire vivre et proposer des choses qui n’existent pas sur les autres sites.

Le Dr BOUIX est en accord avec la partie accès grand public et l’accès privé, tout dépendra des partenaires, par contre il estime en accord avec le Dr ROSNEL que le nombre de partenaire n’est pas assez suffisant pour pouvoir faire vivre le forum.

Pour conclure, M. TARGE indique qu’une formation sera prévue avec l’ingénieur qui s’occupe du site pour les partenaires qui le désirent. Un comité de rédaction, composé des partenaires qui le souhaitent, sera constitué, en vue de faire vivre le site.

Mme MATHIEU pense qu’en matière de diffusion de l’information pour le grand public, outre le site Internet il faudrait songer à divers moyens de communication, et elle souhaite également savoir dans quel laps de temps le guichet intégré se mettra en place.

M. TARGE rappelle que tant qu’une majorité des acteurs du champ social ne se mobilise pas, le guichet intégré sera difficile à mettre en place.

Au vu des difficultés du Pilote MAIA à entrer en contact avec les acteurs du champ social, Mme MATHIEU s’inquiète de savoir dans quelle mesure l’ARS et le Conseil Général s’impliquent dans le processus de sensibilisation des partenaires nécessaires au déploiement du dispositif.

En effet, explique M. TARGE, cette difficulté a été évoquée à un niveau Stratégique, et la Directrice Générale Adjointe de la Solidarité et de la Prévention du Conseil Général a proposé dans un premier temps de réunir toutes les assistantes sociales et élus au sein du Conseil Général pour mettre en avant la politique gérontologique du département ; dans un deuxième temps a été décidé de mettre en relation le Pilote avec la représentante des Assistantes Sociales de secteur qui n’avait pas donné suite jusqu’à présent car les personnes âgées, sur l’ensemble de leurs dossiers à traiter, ne représentent qu’une petite partie de leurs activités.
Par ailleurs, il est important de ne pas oublier, poursuit-il, qu’au niveau politique le démantèlement du CIASIC, toute l’année dernière, a parasité les contacts avec les partenaires du champ social. Aujourd’hui les CCAS émergent les uns après les autres, et il est dorénavant possible de retravailler avec eux.

Heure de fin :

Décisions

Après concertation, la cinquième table tactique a pris les décisions suivantes :

  1. Présentation à la prochaine table stratégique des outils élaborés par le groupe de travail sur la gestion de cas complexes pour validation.
  2. Poursuite des différentes rencontres avec les acteurs du champ social.
  3. Mise en place d’une dernière table tactique avant l’été afin d’initier le travail sur le guichet intégré MAIA Guyane.
  4. Contacter les différents partenaires MAIA Guyane afin de recenser les premières situations complexes et de démarrer l’activité du service gestion de cas.
  5. Mise en place d’une formation sur l’utilisation de la fiche partenaire du site internet MAIA Guyane.