Réunion de la 3e Table Tactique

, par Corinne COLLIGNI, Scribe

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Date :
Lieu : ARS Guyane
Heure de début :

Présents : 12

ASGUAL : Mme Annick THOMAS – Trésorière
ARS : Mme Johanna ANTOINETTE – Chargée de Mission
CCAS MATOURY : Mme COUCHY Brigitte – Responsable
CERPAG : Mme Maurice BERTRAND – Présidente
CENTRE MEDICO-SOCIAL EBENE : Mr Jean-Pierre IMFELD – Directeur
EHPAD EBENE : Mr Eric DONATIEN – Directeur
EHPAD LAMA : Mme BRUCKER Marie-Lise – Directrice
EHPAD SAINT - PAUL : Mme ELI Nathalie – Directrice
HAD GUYANE : Mme Gane SECK – Psychologue Neuropsychologue
MAIA GUYANE : Mr Frédéric TARGE – Pilote MAIA
Maison des Réseaux de Gérontologie Alzheimer : Mme Marie-Louise NOUVELLET – Coordonnatrice
URPS MEDECINS : Mr Alain BOUIX – Président

Excusés : 3

ADAPEI : Mme Déborah VINCENT – Responsable SAAD
CMCK P. Boursiquot : Mme Laure-Elia CURT – Attachée de Direction
CONSEIL GENERAL : Dr Claude ROSNEL – Médecin Evaluateur

Absents : 12

A.T.G. : Mr Damien TONY – Directeur
CIASS : Mme Francisca LEVEILLE – Responsable
CLINIQUE VERONIQUE : Mr Jean-Michel PILA – Directeur
C.H. Andrée Rosemon : Mr Pierre PAUCHARD – Directeur ; Dr Michel DESVILLES – Chef du Service psychiatrie
Consultation Mémoire / HAD SAINT PAUL : Dr Chantal EDWIGE – Médecin Gériatre Coordonnatrice
MDPH : Mme Edith FURCY – Directrice
MNT : Mme Caroline CLE – Directrice
MGEN : Mr Marc HO YORCK KRUI – Directeur
SAMU SOCIAL : Mme Tanya TARCY – Directrice
TRIBUNAL D’INSTANCE : Mme Françoise JOUBERT – Juge des Tutelles
URPS INFIRMIERES : Mme Mylène MATHIEU – Présidente

Ordre du jour

Présentation individuelle des missions de chacun des partenaires qui n’ont pas pu se présenter lors de la réunion précédente–Powerpoint de 5 mn par structure
Présentation de la Charte MAIA Guyane reformulée

Délibérations

En ouverture de séance Mr TARGE informe que cette réunion clôturera la session de présentation des structures. Les partenaires n’ayant pu l’effectuer au cours deux concertations prévues à cet effet, fourniront les éléments d’informations directement à Mr TARGE en vue de l’élaboration d’un document commun qui sera diffusé à tous.

L’ASGUAL est présentée par Mme Annick THOMAS, trésorière.
Mr TARGE souhaite connaître l’échéance de la mise en place de leur plateforme de répit et de leur accueil de jour. Mme THOMAS répond que les dossiers sont en cours de validation.

Mr IMFELD demande des précisions sur la capacité d’accueil de leur halte-répit. Mme Thomas répond qu’actuellement 14 personnes sont prises en charge en même temps.

Mme SECK souhaite connaître d’une part, les critères d’inclusion au moment de la prise en charge d’un patient, et d’autre part quelle est la procédure d’admission d’un patient à l’ASGUAL. Mme THOMAS explique que l’ASGUAL travaille avec la consultation mémoire du Centre Médical St-Paul qui leur adresse des patients. Par ailleurs, les patients qui ont été diagnostiqués au préalable par un médecin peuvent directement venir les voir.

Le Dr BOUIX veut savoir si l’AGUAL accompagne des personnes en dehors de Cayenne. Mme THOMAS répond que leur champ d’action s’étend principalement de Cayenne à Macouria, avec un élargissement possible jusqu’à Sinnamary.

Mme SECK aimerait des renseignements quant à la qualification de leur dispositif, lequel s’apparente au fonctionnement d’un hôpital de jour. Mme THOMAS délimite les objectifs de l’accompagnement de l’ASGUAL à ceux des plateformes de répit proposés aux familles, partagés en trois interventions par semaine, de 14h à 18h.

Mr DONATIEN demande si la halte-répit va évoluer en accueil de jour. Mme THOMAS acquiesce et ajoute que l’ASGUAL proposera une halte-répit et un accueil de jour.

Mr TARGE demande des précisions quant à la différence de public entre l’accueil de jour et la halte répit. L’accueil de jour, détaille Mr DONATIEN, est établie selon une périodicité déjà fixée ; et la halte répit, tournée vers l’aidant, est organisée de manière plus ponctuelle. Mme COUCHY ajoute que la prise en charge est différente. De plus, le fonctionnement de l’accueil de jour, intervient Mme BRUCKER, est différent puisqu’il est prescrit et remboursé par la CGSS : il suit les contraintes liées à un établissement sanitaire. Par ailleurs, une prescription du médecin pour l’accueil de jour Alzheimer intègre un transport médicalisé.

Mr IMFELD se questionne sur les différentes pathologies de type Alzheimer pris en charge par l’ASGUAL. Mme THOMAS répond que les critères d’inclusion sont en passe d’être redéfinis, certains cas étant très « lourds » à prendre en charge.

Mr IMFELD souhaiterait que dans le cadre de la MAIA, au vu de la complexité de certains cas, les critères d’entrée en accueil de jour soient clairement spécifiés. Mr TARGE précise que pour le service gestion de cas complexe, le terme « complexe » ne définit pas la gravité de la pathologie, mais s’apparente à une situation qui est problématique dans plusieurs domaines social, médicosocial, et sanitaire. Une poly pathologie très avancée est complexe sur le plan de la santé, mais ce n’est pas une situation complexe en soi. Mr DONATIEN donne l’exemple d’un patient dont l’accueil en EHPAD a dû être différé du fait d’une multiplicité de problématiques : une pathologie lourde, de faibles revenus, un logement insalubre, un dossier APA en cours de traitement, et une épouse qui elle aussi devait bénéficier de soins mais en métropole… Dans cette situation, complexe, tous les champs d’interventions sont sollicités, et des réponses médicales, sociales et financières doivent être apportées ; il est d’ailleurs primordial de faire connaître ses droits au patient. Un début de réponse administrative, par le biais de la gestion de cas complexe, permettrait une admission en urgences au sein de son EHPAD : le rôle de la MAIA prendrait tout son sens. Mr TARGE ajoute qu’actuellement, dans ce type de situation, le personnel des différentes structures qui interviennent essayent de gérer ces situations très chronophages, mais dépassent souvent leurs missions. L’apport des gestionnaires de cas sera donc bénéfique pour tous les partenaires.

Par ailleurs, Mr TARGE distingue l’accompagnement proposé à une personne Alzheimer stade avancé de celui proposé à une personne Alzheimer léger-modéré : ces deux accompagnements ne mobiliseront pas le même type d’encadrement, d’activités et de personnels. C’est pour cela que le fait de connaître les missions de tous s’avère primordial dans le but d’orienter de manière rapide et efficace les malades et leurs familles. Pour la Halte-répit de l’ASGUAL, par exemple, tout dépendra de la mise en place du projet, des critères d’inclusion choisis, et de la qualification du personnel recruté. L’intérêt du dispositif MAIA est que tout le monde se connaisse, et sache exactement qui orienter, comment, et vers qui.

Mme COUCHY souhaite savoir à quel endroit l’ASGUAL installera leur plateforme de répit. Mme THOMAS indique que le lieu choisi pour le moment est la rhumerie, à Matoury, mais que l’association souhaiterait ouvrir une antenne sur Cayenne.

Mme SECK aimerait connaître le type de public ciblé par l’ASGUAL : est-ce uniquement des malades Alzheimer ou acceptent-ils également les pathologies associées ? Mme THOMAS informe que pour le moment l’ASGUAL n’a aucune restriction.

Par ailleurs, Mme NOUVELLET voudrait savoir, dans le cas où l’ASGUAL atteindrait sa limite en capacité d’accueil, quelles dispositions pourraient être mises en place ? Pour Mr IMFELD, les concertations tactiques du dispositif MAIA devront trouver une solution.

Le Centre Médico-Social de l’association l’EBENE (le CMS regroupe les services du SSIAD, du SSAD, et de l’EMA) est présenté par Mr Jean-Pierre IMFELD, directeur.
Dans le cadre du SSAD, Mme NOUVELLET voudrait une précision sur le nombre d’heures proposées. Mr IMFELD explique que le CMS étant financé par dotations globales depuis 2012, le coût horaire est d’environ 35 euros. Concernant le financement de la garde à domicile, pour diminuer ce coût assez élevé, certains accords peuvent être contractés avec la famille.

Mme BRUCKER aimerait un développement sur la tarification de leur financement par dotation globale. Mr IMFELD répond que ce financement est destiné au soutien à domicile, la garde à domicile restant une prestation payante. En ce qui concerne le type de personnel employé pour l’aide temporaire aux familles, Mr IMFELD explique que ce dispositif est assuré par des auxiliaires de vie, par le biais d’un contrat d’objectif financé par la CGSS.

Mr TARGE demande si une personne Alzheimer jeune dépendant de la MDPH et ayant une reconnaissance Adulte handicapé peut prétendre à l’A.A.H., Mr IMFELD acquiesce et rajoute que dans ce cas-là, leur prise en charge est gratuite.

Dans le cadre du SSIAD, Mme BRUCKER souhaite connaître l’âge des populations diagnostiquées Alzheimer et sur quels secteurs le service intervient. Mr IMFELD répond que la plupart sont des personnes âgées, et que pour plus d’efficacité le personnel soignant intervient en fonction de zones géographiques. Certaines nécessitant des équipes renforcées pour des pathologies lourdes, d’autres des équipes réduites pour les pathologies plus légères.

Au sujet de l’EMA, Mr DONATIEN ajoute que ce service tend à être considéré comme une porte d’entrée initiant un programme d’accompagnement de 15 séances maximum autour duquel s’organise le SSIAD. Mr TARGE complète l’intervention en rajoutant que la signature de conventions entre les partenaires MAIA permettrait une meilleur fluidité des parcours sans rupture de soins, et ne laisserait pas les familles sans aucuns accompagnement à l’issus de ces 15 séances. Sur le même sujet, Mme BRUCKER demande si le CMS peut, par le biais de son SSIAD et de son SAAD, assurer un roulement à l’issue de la prise en charge EMA. Mr IMFELD explique que la difficulté est que ni le SSIAD ni le SAAD ne peuvent accompagner les patients sur un plan cognitif.

Au sujet du partenariat avec les médecins traitants, Dr BOUIX explique que dans le cadre d’une prescription normée, la caisse générale de sécurité sociale effectue la prise en charge financière et peut faire intervenir l’EMA. Dans ce cas le médecin prescripteur est en droit d’attendre un certain retour. Dr BOUIX souhaite savoir si la prescription de l’EMA passe nécessairement par le médecin traitant. Mr IMFELD répond qu’indépendamment du médecin traitant, un médecin spécialiste, par exemple un neurologue, peut également l’initier et s’assurer de l’envoi par la suite du bilan effectué au médecin traitant.

Mme NOUVELLET fait un bref rappel du débat tenu lors de la réunion de la deuxième table tactique : le positionnement de chaque intervenant dans le parcours de soin du patient. Le rôle du médecin traitant, en tant que coordinateur de ce parcours et initiateur des prescriptions médicales, avait été évoqué. En effet, normalement, les patients doivent être dirigés par leur médecin traitant vers un neurologue qui lui retransmet après diagnostic le compte rendu.

Dr BOUIX fait le constat qu’aujourd’hui, la plupart du temps, le médecin traitant ne reçoit pas de compte rendu. En effet, le médecin traitant se positionne comme plaque tournante du dispositif, mais les médecins traitants en Guyane sont déjà débordés tant sur le plan sanitaire, que sur le plan administratif. Il serait peut-être opportun que toutes les structures (hospitalières, médico-sociale, et autres) s’engagent à faire parvenir les comptes rendu aux médecins traitants. Mr TARGE ajoute que certains médecins traitants, souhaitent réellement être tenu informés du déroulement du suivi de la prise en charge de leur patient. Cependant, pour d’autres, au vu de l’importance du nombre de patients qu’ils suivent, ils ne répondent pas. Le Dr BOUIX acquiesce et ajoute que les visites à domicile pour certains de ses confrères se raréfient. Il l’explique par le fait que l’exercice de la médecine est assez singulière en Guyane, les médecins se retrouvent très vite débordés, les visites à domicile sont chronophages et compliquées, il peut arriver que les médecins préfèrent basculer leur patient dans une structure qui pourra les prendre en charge globalement et ne plus assumer le suivi médical et administratif. Mr TARGE souligne à nouveau l’intérêt de la mise en place du dispositif MAIA, qui à travers ses tables de concertation doit nous permettre tous ensemble de proposer des solutions ou des protocoles d’accord afin de faciliter le travail de tout le monde.

Le Dr BOUIX demande une démarche proactive de la part des personnels coordonnateurs des structures vers les médecins traitants. Mr IMFELD déclare que le CMS tend déjà à l’effectuer.

Pour en revenir au nombre de séance dispensé par l’EMA, Mme GANE souhaite savoir quel est leur répartition sur l’année. Mr IMFELD annonce que les 15 séances sont réparties sur 3 mois afin de pouvoir proposer aux familles un accompagnement sur la plus grande durée possible.

Le Dr BOUIX souhaite savoir s’il existe d’autre structure similaire dans le département. Mr IMFELD répond que sur Cayenne l’HAD Guyane propose ce même type d’accompagnement, mais avec des critères d’inclusions différents de ceux de l’EMA. Le Dr BOUIX déplore le fait que l’Ouest guyanais semble exclu de ces dispositifs. Mme BRUCKER réplique que l’HAD Guyane est présent dans l’Ouest guyanais. Mme GANE nuance ces propos, car étant la seule neuropsychologue à l’HAD Guyane, elle doit intervenir sur les trois antennes. Cependant, en effet, leur but est de développer leurs interventions sur tout l’Ouest guyanais.

Par ailleurs, la problématique est la multiplicité de différences dans les prises en charge : en effet, la population cayennaise n’est pas la même que celle de Saint Laurent, les niveaux socio-culturels sont complétement différents et les références aux tests neuropsychologiques ne sont pas les mêmes. Mme BERTRAND évoque le cas d’un professeur qui avait réalisé un test dédié aux personnes de l’intérieur en Taki-taki et autres dialectes utilisés en Guyane, et pour la poursuite de ses recherches avait sollicité un crédit supplémentaire. Elle ne sait pas si ces fonds lui avaient été alloués. Le Dr BOUIX rappelle qu’un travail a été effectué par le Dr EDWIGE pour l’adaptation d’un test mémoire à la population guyanaise. Mr TARGE précise que ce test au demeurant très intéressant, évalue la mémoire épisodique, et lorsque l’on établit un bilan mémoire neuropsychologique complet on essaye d’évaluer tous les grands domaines cognitifs. Mme GANE ajoute que les tests utilisés actuellement sont des tests aux normes métropolitaines, ils ont été validés, fidélisés, et ce n’est pas évident de les adapter sur le terrain, car créer un test prend beaucoup de temps. Pour Mr DONATIEN, la diffusion du test du Dr EDWIGE serait intéressante : si les outils existants permettent, au moins sur un panel, d’éviter de « bricoler » les tests, il serait opportun de les utiliser. Le Dr BOUIX ajoute que cette recherche sur l’adaptation d’un test pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer a bénéficié d’une première ligne de financement correspondant à un fond d’aide pour la qualité des soins de vie, dont le médecin coordinateur était le Dr EDWIGE. Après validation de ce premier tronçon, qui a par ailleurs été peu diffusé, la poursuite des travaux, à savoir l’adaptation du test aux spécificités de certains groupes culturels, jugés trop peu nombreux, a été suspendue en raison d’un rapport coût/utilité, trop onéreux. En définitive, conclut Mr TARGE, le choix de ce test est judicieux car la mémoire épisodique est l’une des premières fonctions atteinte dans la maladie d’Alzheimer, ce qui est très pertinent dans le dépistage précoce de la maladie. Cependant, Mr TARGE précise que ce test, le RL RI 16 GF, dure 30 à 45 minutes et doit être utilisé par un spécialiste. En revanche, par la suite, pour effectuer un bilan complet, le neuropsychologue a besoin d’autres tests, malheureusement pour le moment non suffisamment adaptés à la population locale.

Le PASA EBENE est présenté par Mr Eric DONATIEN, directeur.
Mr Donatien décrit le PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés) en tant qu’unité d’accueil de Jour intégré à un établissement EHPAD dont la file active est composée de ses résidents. Pour 12 places en PASA, l’établissement doit pouvoir fournir 36 patients Alzheimer légers à modérés. Mme BRUCKER relate la difficulté de justifier l’ouverture d’un PASA en Guyane, au vu d’un nombre insuffisant de patients, déterminés selon des critères nationaux précis, résidents dans un même EHPAD.

Une solution, explique Mr Donatien, a été de regrouper les patients des différents EHPAD de l’île de Cayenne afin d’atteindre un nombre suffisant de malades en file active. Mme NOUVELLET pense que cette solution est intéressante malgré la difficulté de gestion administrative que ce regroupement engendra. Mr DONATIEN acquiesce et ajoute que la problématique sera d’atteindre le nombre seuil requis.

Mme COUCHY demande des précisions sur l’objectif de l’accompagnement thérapeutique. Mr DONATIEN répond que le but est de freiner au maximum l’évolution de la maladie. La demande de Mme BRUCKER se pose sur la mise en place de l’intervention d’une unité mobile en attendant l’ouverture des locaux, puisque le personnel est disponible ; Mr DONATIEN répond que ce début de prise en charge spécifique est cours de réflexion, cela nécessite la réorganisation du personnel dans son établissement, et annonce que ce dispositif se fera avec le concours de l’EHPAD LAMA, intéressé par l’expérience. Mr IMFELD ajoute qu’il est important d’intervenir très rapidement car la pathologie évolue, une personne diagnostiquée à un stade léger à un moment donné peut se dégrader très rapidement.

Pour Mme GANE le débat sur le MCI (Mild Cognitive Impairment - trouble cognitif léger), où le profil des patients présente un déficit cognitif qui n’est pas forcément susceptible d’évoluer devrait être soulevé, car si les MCI ne sont pas forcément Alzheimer, tous les Alzheimer ont été MCI, donc leur prise en charge ralentirait la dégradation neuro-dégénérative. Dans ce cas, précise Mr TARGE, cela relèverait de l’EMA ou de l’Accueil de Jour, car le PASA concerne des personnes résidents en EHPAD. Mme NOUVELLET souhaite savoir si l’évolution de la maladie d’Alzheimer du fait de leur non prise en charge a été démontrée. Mme GANE relate le cas de patients difficiles à orienter, qui suite à un trauma, ou à un épisode émotionnel fort, présentaient un bilan neuropsychologique dégradé, un trouble cognitif léger, ni dément, ni Alzheimer. Mme BRUCKER et Mr DONATIEN renchérissent qu’effectivement certains de leurs patients se retrouvent dans cette situation. Mr BOUIX propose que ces patients puissent dorénavant être pris en charge par le « PASA mobile ».

L’EHPAD St-Paul est présenté par Mme Nathalie ELI, directrice.
Dr BOUIX souhaite savoir si les médecins travaillant au sein de l’établissement ont une convention singulière encadrant leur champ de prescription. Mme ELI répond par la négative, et Mr DONATIEN précise que le médecin coordinateur de l’établissement établi une liste de médicaments. Dr BOUIX ajoute qu’au niveau national sont apparues des difficultés entre les médecins libéraux intervenant dans les EHPAD et certains médecins coordinateurs ou chefs d’établissement, lesquels voulaient imposer une prescription restreinte. A l’inverse du médecin libéral intervenant, détaille Mr DONATIEN le médecin coordonnateur subi une double pression : celle d’établir la prescription médicale, et celle du chef d’établissement par rapport au coût engendré. Ces deux situations contradictoires entre confrères peuvent se révéler conflictuelles. Pour le Dr BOUIX le débat se porte sur les médecins libéraux intervenant en EHPAD. Mme ELI explique que le résident à la possibilité d’être pris en charge par un médecin de l’EHPAD, qui a le statut de salarié dans l’établissement, ou de conserver son médecin traitant, à condition que celui-ci signe un contrat de partenariat avec l’EHPAD. Pour le Dr BOUIX, cela implique une extrême vigilance de la part du chef de l’établissement quant à la liberté de choix du médecin souhaité par le résident. Il ajoute que ces contrats de partenariat sont conflictuels puisqu’ils impactent l’espace de liberté des médecins intervenant dans un cadre de vacations au sein de l’établissement. En Métropole, les conflits par rapport aux médecins libéraux, qui interviennent au sein des EHPAD, sont apparus suite à la volonté des chefs d’établissement de vouloir imposer des prescriptions restreintes et un livret pharmaceutique limité. L’objectif de ces chefs d’établissements étant de diminuer autant que faire se peut les coûts, alors que l’objectif des médecins est de soigner un patient au meilleur coût avec une prise en charge de bonne qualité.

Au niveau national, poursuit le Dr BOUIX, cette convention proposée aux médecins libéraux est mal accueillie : un lien de dépendance hiérarchique se crée entre le statut directoire de l’établissement et le médecin, alors que c’est tout à fait contradictoire avec le Code de déontologie. La responsabilité de la thérapie échoit au médecin, celle de la délivrance au pharmacien. Le Dr BOUIX pense néanmoins que tous pourront se retrouver autour d’un agrément commun. Mme BRUCKER pense que ce débat n’a pas le même contexte qu’en Métropole : les médecins, en Guyane, préfèrent qu’un suivi soit effectué au niveau des structures d’accueil, et que par conséquent, il n’est pas nécessaire de mettre de la complexité dans des situations qui différent de celles de Métropole.

Mme NOUVELLET veut savoir si les EHPAD ont noué d’autres types de coopérations. Pour assurer une permanence de soins répond Mr DONATIEN, des conventions ont été établies avec des HAD, et des discussions sont en cours avec Mme BRUCKER à propos de l’USLD dans le but d’établir une passerelle entre établissements, et pouvoir proposer une prise en charge avec des moyens plus techniques. Le souci explique Mme BRUCKER est que l’admission en urgence s’avère très difficile car l’USLD de l’EHPAD Lama est souvent saturé. A cela s’ajoute la difficulté de constitution des dossiers, très souvent en raison de situations sociales très compliquées des patients. Le Dr BOUIX renchérit et précise que pour les admissions en urgence, la situation est la même dans les HAD : l’accès aux soins est subordonné à l’accès aux droits sociaux. Aussi, du moment où, à l’instar des hôpitaux, on ne peut pas accéder aux soins avec l’Aide Médicale Urgence, on se retrouve « coincé » administrativement.

L’interrogation de Mme COUCHY porte sur le nombre d’EHPAD en Guyane. Mme BRUCKER répond qu’il y en a 3 sur Cayenne, et 1 à Saint Laurent. Du fait de cette centralisation, Mme COUCHY s’enquière sur l’évaluation de la prévalence sur l’Île de Cayenne. Au vu de la répartition de la population, Mr DONATIEN, pense qu’en termes de capacité il y a de la place pour un autre établissement. Et Mme BRUCKER ajoute que cela dépendra des profils de patients, la saturation des établissements s’accomplit au niveau du nursing des personnes grabataires. La culture du maintien à domicile constate Mr DONATIEN fait que tous les établissements tournent avec des GIR Moyens Pondérés au-delà de 730-750, (en USLD 800+), alors que la moyenne nationale est de 680. La grande urgence est de cultiver l’expansion du maintien à domicile. Il ajoute, qu’en ce moment il étudie les possibilités de mettre en place des PUV (Petites Unités de Vie) en dehors des communes et du littoral : par exemple au sein d’un ensemble de logements sociaux, les rez-de-chaussée qui seraient réservées à des personnes âgées, avec en appui la présence d’un SSIAD et/ou d’un SAAD sur le territoire.

Le CERPAG est présenté par Mme BERTRAND Maurice, Présidente.
A propos de la diffusion d’information, Mr DONATIEN a constaté que toutes les communes ayant créés leurs CCAS, se sont portées candidates pour ouvrir un CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination).

Par ailleurs, au sujet de la diffusion d’information pour les professionnels de santé, le Dr BOUIX informe qu’il est possible de passer par les URPS correspondants.

En conclusion, Mr TARGE fait état des deux réunions de présentation des structures, comme étant positives et enrichissantes dans la connaissance mutuelle des futurs partenaires MAIA Guyane.

Heure de fin :

Décisions

Après concertation, la troisième table tactique a pris les décisions suivantes :

1. Les structures n’ayant pas eu le temps de se présenter proposeront leur Powerpoint directement à Mr TARGE afin de participer à l’élaboration du référentiel d’intervention de la MAIA Guyane.

2. La prochaine table tactique abordera la mise en place du guichet intégré MAIA Guyane, et la mise en place du service Gestion de Cas complexe.

3. La quatrième table tactique est fixée le mardi 19 mars 2013 dans l’après-midi.